Conclusion
Les problèmes liés au trafic aérien sont
à la fois intéressants, difficiles, et surtout largement
inexplorés. Il s'agit d'une mine extraordinaire pour le chercheur, et
on est même parfois surpris de la rareté du travail scientifique sur
des domaines aussi fondamentaux pour l'Aviation Civile que la
résolution de conflits, la sectorisation ou la prévision de
trajectoires.
Pour notre part, nous nous sommes efforcés d'appliquer une
méthodologie scientifique à certains problèmes d'optimisation
qui se posent dans le cadre du trafic aérien.
Nous pouvons résumer notre approche de la façon suivante :
- modélisation mathématique des problèmes rencontrés
- calcul de leur complexité
- recherche d'algorithmes adaptés
- validation des résultats obtenus, sur un plan expérimental par
la simulation, sur un plan scientifique par la publication.
Il serait bien difficile, et fort prétentieux, d'estimer la portée de
nos travaux. Pourtant, il nous semble indispensable de poursuivre ce
type de recherches au sein de l'Aviation Civile.
En quelques années, les
cockpits d'avion, et les systèmes de commande et de contrôle du vol,
sont devenus de véritables centres informatiques, et l'automatisation
a été poussée au maximum, peut-être d'ailleurs trop vite. On peut en
revanche se préoccuper du retard pris en
matière de modernisation du contrôle aérien, et les centres de
contrôle donnent par comparaison
l'impression d'en être encore à l'âge de pierre. Alors que les constructeurs
aériens font des efforts démesurés pour réduire les coûts
d'opération des appareils de quelques dixièmes de pourcent,
les compagnies estiment actuellement que l'influence
du contrôle sur leurs coûts d'opérations est de
l'ordre de 10%.
Avec l'augmentation régulière de la densité du trafic, il est
probable que la seule augmentation du nombre de
contrôleurs ne permettra pas d'obtenir un écoulement fluide. Le
problème se pose de façon d'autant plus aiguë pour la France, qui
se trouve à la croisée des grands flux de trafic Nord-Sud et
Est-Ouest passant au dessus de l'Europe. Elle sera donc un des pays les plus
touchés par le problème du contrôle en route, et des délais et coûts
induits8
.
C'est pour cette raison qu'il faut mettre en place des
structures et des équipes susceptibles de répondre aux préoccupations
des compagnies en matière d'optimisation des capacités et des
techniques de contrôle. Enfin, pour obtenir une
véritable crédibilité, il faut absolument encourager
la publication des
travaux d'études et de recherches dans des conférences et des revues
à comité de lecture extérieurs à la DGAC. Ceci peut certes être
ressenti comme une contrainte. Pourtant, comme la recherche scientifique
l'enseigne, le progrès passe par une permanente remise en cause, et
le bénéfice que l'on en retire vaut bien plus qu'un
auto-satisfecit trop facilement délivré.
- 8
- Les problèmes du contrôle américain sont bien
différents : il s'agit surtout de problèmes de régulation de flux au
niveau des aéroports, qui sont aux Etats-Unis l'élément limitant du
système.